Diana Nikiforoff
De la Russie en révolution à la cité interdite

Hélène Menegaldo nous offre, dans son dernier livre, un témoignage éclairé sur les complexes mais profondes transmissions parent-enfant. Comme dans un roman,  l’histoire de cette exilée, au charme fou mais au destin difficile, annonce une autre aventure, celle de notre regard d'enfant qui, devenu adulte, poursuit une quête de mieux comprendre le sens de la vie.

 

Comment s’emparer de la vie de l’autre, se réapproprier sa parole sans la trahir ? C’est le défi que relève l’auteur, restituant les flashes de la mémoire traumatique d’une enfant, sa mère, prise dans la tourmente de la guerre civile à Nikolaïev en Ukraine.

Les trois lieux principaux, l’Ukraine en proie au chaos, la Chine des seigneurs de la guerre et le Paris des années trente, structurent l’histoire en un triptyque restituant le vécu dramatique de l’héroïne et sa lutte pour survivre et se reconstruire.
     
Ce texte, document sur les traumatismes inguérissables d’une âme enfantine et la tyrannie de la mémoire, mais aussi témoignage sur des événements historiques peu connus, n’aurait pu voir le jour sans la psychologie de la motivation qui m’a permis d’établir la juste distance avec ma mère en évitant la prise en pitié excessive et la culpabilité, envahissante par moments, et destructrice d’une relation juste lorsqu'on se sent impuissant à réparer l’autre, à lui redonner l’objet d’amour perdu et l’amour de la vie. Une relation où l’accusation de l’autre et l’apitoiement sur soi-même peuvent remplacer l’affection et la compréhension.
   
L’objectivation des affects et des sentiments, cette nécessaire mise à distance, permet aussi d’interrompre la transmission négative, celle du traumatisme: éviter qu’il ne continue de circuler d’une génération à l’autre. À la fin de sa vie, Diana était dans une acceptation de son destin, même si elle ne s’était jamais guérie du deuil de son enfance.

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